
Un site web geek affiche souvent des tests de matériel, des critiques de jeux vidéo ou des tutoriels sur Linux. Derrière ces contenus, la loi impose pourtant les mêmes obligations de transparence qu’à un site e-commerce ou institutionnel. Les mentions légales d’un site internet geek obéissent à des règles précises, remaniées récemment par la loi SREN de mai 2024, et la plupart des modèles disponibles en ligne ne reflètent plus le cadre juridique actuel.
Concrètement, ignorer ces obligations expose à des sanctions financières lourdes, y compris pour un blog personnel sans revenus publicitaires. Comprendre ce que la loi exige, et comment l’appliquer à un site orienté tech ou culture geek, évite des mauvaises surprises.
Loi SREN et Digital Services Act : ce qui a changé pour les mentions légales
La majorité des générateurs de mentions légales gratuits citent encore l’article 6-III de la loi n° 2004-575 du 21 juin 2004 (LCEN). Ce texte a été abrogé et restructuré par la loi n° 2024-449 du 21 mai 2024, dite loi SREN. Les obligations d’identification de l’éditeur figurent désormais dans un nouvel article 1-1 de la LCEN.
Cette réforme aligne le droit français sur le Digital Services Act (DSA), applicable dans toute l’Union européenne depuis le 17 février 2024. Pour un site geek, cela signifie que copier-coller un modèle antérieur à 2024 produit une page juridiquement obsolète. La numérotation des articles, les formulations et certaines obligations ont changé.
Un bon réflexe consiste à vérifier la date de mise à jour du générateur utilisé. Les informations légales de Bordel de Nerd illustrent une page qui intègre ces évolutions récentes, avec les mentions liées à l’hébergeur et au responsable de publication clairement séparées.

Mentions obligatoires pour un site geek : éditeur, hébergeur et stockage des données
Vous publiez un blog sur le rétrogaming ou un forum dédié aux cartes graphiques ? Les informations à afficher dépendent de votre statut, mais un socle commun s’applique à tout site, y compris non commercial.
Identification de l’éditeur du site
Pour une personne physique (blogueur solo, créateur de contenu), la loi demande le nom, le prénom et l’adresse du domicile. Si le site est géré par une association ou une entreprise, il faut ajouter la raison sociale, le siège social et le numéro d’inscription au registre concerné.
Le responsable de la publication doit être nommé explicitement, avec un moyen de contact (adresse e-mail ou formulaire). Beaucoup de sites geek omettent cette mention, pensant qu’un pseudo suffit. Ce n’est pas le cas.
Hébergeur et personne en charge du stockage des données
Depuis la loi SREN, une obligation spécifique porte sur l’identité de la personne qui assure le stockage des données. Elle s’ajoute à l’identification classique de l’hébergeur (nom, adresse, numéro de téléphone). Un site geek hébergé chez OVH, Scaleway ou un VPS auto-géré doit préciser ces informations de façon distincte.
- Nom ou raison sociale de l’hébergeur, adresse complète et numéro de téléphone
- Identité de la personne responsable du stockage des données personnelles collectées par le site
- Nom et coordonnées du responsable de la publication, avec mention de son statut (personne physique ou morale)
RGPD et cookies sur un site web geek : les pièges fréquents
Avez-vous déjà remarqué que la plupart des blogs tech affichent un bandeau cookies sans vraiment proposer de refus ? La réglementation RGPD impose que le consentement soit aussi facile à refuser qu’à accepter. Un bouton « Tout accepter » bien visible à côté d’un lien « Paramétrer » en petits caractères ne respecte pas cette exigence.
Pour un site geek, les traceurs concernés sont souvent Google Analytics, les scripts d’affiliation (Amazon, par exemple) et les widgets de réseaux sociaux intégrés aux articles. Chaque traceur non strictement nécessaire exige un consentement préalable.
Politique de confidentialité distincte des mentions légales
La page de mentions légales et la politique de confidentialité répondent à deux obligations différentes. Les mentions légales identifient le responsable du site. La politique de confidentialité, elle, détaille :
- Les types de données personnelles collectées (adresse e-mail pour une newsletter, adresse IP via les logs serveur, cookies tiers)
- La base juridique du traitement (consentement, intérêt légitime, exécution d’un contrat)
- La durée de conservation des données et les droits des utilisateurs (accès, rectification, suppression)
- Les coordonnées du délégué à la protection des données, si applicable
Un site personnel de test hardware ou un blog de critiques manga n’est pas exempté. Dès qu’il collecte une adresse e-mail via un formulaire de commentaire, le RGPD s’applique.

Propriété intellectuelle et contenus geek : ce que vos mentions légales doivent couvrir
Les sites geek publient régulièrement des captures d’écran de jeux vidéo, des photos de figurines, des extraits de code source ou des fan-arts. La section propriété intellectuelle de vos mentions légales précise qui détient les droits sur les contenus originaux du site et rappelle les limites d’utilisation.
Les captures d’écran et logos de tiers restent la propriété de leurs ayants droit respectifs. Mentionner explicitement que ces éléments sont utilisés à des fins d’illustration ou de critique protège partiellement le site, mais ne dispense pas du respect du droit d’auteur.
Un paragraphe dédié à la propriété intellectuelle évite les litiges les plus courants. Il clarifie aussi les conditions de réutilisation de vos propres contenus par des tiers, notamment si vous publiez du code sous licence open source.
Adapter ses mentions légales à un site associatif ou communautaire geek
Beaucoup de projets geek fonctionnent sous forme d’association loi 1901 : clubs de jeux de rôle, communautés de modding, collectifs de streamers. Le statut associatif modifie les informations à afficher. Le nom de l’association, son siège social, le nom du directeur de la publication et les coordonnées de l’hébergeur remplacent les données personnelles du blogueur individuel.
Un site associatif qui collecte des cotisations en ligne bascule dans le régime des sites marchands, avec des obligations supplémentaires : conditions générales de vente, droit de rétractation et mentions relatives aux moyens de paiement.
Les templates génériques ne prévoient presque jamais ce cas de figure. Vérifier que la page de mentions légales reflète le statut réel de la structure qui édite le site reste la précaution la plus efficace pour rester en conformité, surtout depuis les modifications introduites par la loi SREN.